Zizim ou l’épopée tragique et dérisoire d’un prince ottoman

Jean-Marie Chevrier, Zizim ou l’épopée tragique et dérisoire d’un prince ottoman, Albin Michel, 1993.

2 œuvres

L’œuvre et le territoire

Jean-Marie Chevrier nous amène sur les traces de Zizim (Djem), prince ottoman du XVe siècle, qui trouve « refuge » en Occident.

À la mort de son père Mehmet II en 1481, Zizim, alors âgé de 22 ans, peut, tout comme son frère Bajazet, prétendre au trône de l’Empire ottoman. Ce dernier s’en étant emparé, Zizim tente par deux fois de le détrôner mais est défait et doit demander l’asile aux chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem installés à Rhodes, dont le grand-maître n’est autre que le grand prieur d’Auvergne, Pierre d’Aubusson, né au château du Monteil-au-Vicomte en Creuse.
Son exil — ou sans doute devrions-nous plutôt parler de captivité —, l’amène ensuite de Rhodes jusqu’en France, tout d’abord en Savoie et en Dauphiné puis finalement en Limousin, qu’il quitte en 1488 pour l’Italie où il meurt en 1495.

Son séjour limousin dure quatre ans, entre 1484 et 1488, et Jean-Marie Chevrier montre à quel point celui-ci a été difficile pour le prince ottoman, notamment du fait du climat et d’un triste paysage fait de « bocages humides où pataugent les saules et les joncs. On lui avait dit la France douce, il la trouve froide. ».