Vue panoramique d’une plaine avec des montagnes dans le lointain ; entre Brive et Souillac

Aquarelle, 7,8 × 20,5 cm.
Collection : musée du Louvre.

Vue panoramique d’une plaine avec des montagnes dans le lointain ; entre Brive et Souillac
Photo
© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michèle Bellot

L’œuvre et le territoire

S’il s’est un peu appliqué à l’aquarelle malgré sa « fièvre » persistante lors de son premier séjour au château de Croze en 1820, Eugène Delacroix n’en a, semble-t-il laissé trace. Par contre, datée de 1855, année d’un second séjour qu’il fit et qu’il relate dans son journal, cette aquarelle témoigne du saisissement qui fut le sien lors de la (re)découverte de ce pays admirable aux montagnes magnifiques...

Le voyageur qui s’attendrait à voir les montagnes signalées par Delacroix à son ami Pierret aurait certes une déception. Delacroix venait de Paris par les Charentes et n’avait jamais traversé de pays de montagnes. Le pays des « aulx et des châtaignes » comme l’appelait le bon La Fontaine, a été plus exactement décrit par Michelet qui parlait de « belles collines granitiques arrondies en demi-globes », mais Delacroix a bien eu le temps de saisir les traits essentiels du paysage limousin, les montagnes « tapissées jusqu’en haut de vertes prairies, de grands rochers de granit rouge, noir, gris, qui sont suspendus sur votre tête », « ...les contours de ces belles montagnes bleues sont si coulants et si variés, si fins, si fugitifs... », « les flots clairs ou écumants de petites rivières, qui serpentent émaillées dans des bords plantés d’aunes et de peupliers, où qui tombent en cascades qu’on entend de loin... » (Joseph Nouaillac : Le Limousin).

Marie Henriot, « Les peintres de paysage dans la région limousine et marchoise (Haute-Vienne, Corrèze, Creuse) », Bulletin de la Société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, tome 57, 1935, p. 171-172.

Arthur Young, après avoir traversé le Limousin, arrive le 9 juin 1787 dans le Quercy, loin d’être aussi beau que le Limousin ; cependant, il est charmé aux abords de Souillac :

En descendant à Souillac, il y a une perspective qui doit plaire universellement c’est la vue, à vol d’oiseau, d’une délicieuse petite vallée, profondément enfoncée entre des collines très abruptes le bord d’une montagne sauvage contraste avec l’extrême beauté d’une vallée tout à fait plane, admirablement cultivée, et parsemée de beaux noyers apparemment, rien ne peut surpasser la fertilité exubérante de ce lieu.

Arthur Young, Voyages en France en 1787, 1788 et 1789, Armand Colin, 1931, p. 101 (disponible sur Gallica).

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