Gaston Chaissac : puzzle pour un homme seul Voilà...

Dominique Allan Michaud, Gaston Chaissac : puzzle pour un homme seul, Gallimard, 1992, p. 146.

© Éditions Gallimard
Tous les droits d’auteur de cette œuvre sont réservés. Sauf autorisation, toute utilisation de l’œuvre autre que la consultation individuelle et privée est interdite.

Voilà vingt ans, j’habitais aux abords du hameau limousin de Montchabrol. C’est à la lisière d’un bois. Petits prés et champs, terres pauvres, châtaigniers énormes, maisons à demi-croulantes, verger avec vieux arbres aux formes étranges. J’aurais aimé y passer ma vie. Chabrol veut dire chèvre. Je débutais presque dans la peinture, activité pleine d’embûches mais qui Dieu merci m’a permis de vous connaître.

Dominique Allan Michaud, Gaston Chaissac : puzzle pour un homme seul (Voilà...)
© Éditions Gallimard
Tous les droits d’auteur de cette œuvre sont réservés. Sauf autorisation, toute utilisation de l’œuvre autre que la consultation individuelle et privée est interdite.

L’œuvre et le territoire

Parmi tous les textes de l’artiste réunis et présentés par Dominique Allan Michaud, cet extrait de lettre, adressée à Dolorès Ormandy (artiste collectionneuse américaine), indique l’attachement d’Allan Michaud au Limousin dont les parents étaient originaires de Soursac en Corrèze.

À propos de Gaston Chaissac : puzzle pour un homme seul

L’auteur, dans cet essai, fait une reconstruction du monde et de l’itinéraire de l’artiste Gaston Chaissac par un jeu de puzzle qui mêle l’homme, les œuvres picturales et écrites et témoignages.

Qui était Gaston Chaissac (1910-1964) ? Cet autodidacte, ce non-conformiste de la peinture et de l’écriture a mené la vie difficile d’un cordonnier sans travail qui, d’un village rural de Vendée à un autre, a refusé de se satisfaire de sa condition. Homme du commun, il est devenu un personnage hors du commun. Il était connu comme peintre et comme écrivain à la fin des années 1940, grâce à Raymond Queneau, Jean Paulhan et Jean Dubuffet.
Sa peinture, de plus en plus recherchée par les amateurs, échappe dans la seconde moitié des années 1970 à l’ombre de Dubuffet et à l’étiquette de l’art brut pour se voir reconnaître une place particulière dans l’histoire de la peinture contemporaine. L’œuvre littéraire, plus confidentielle, est éclatée en une multitude de lettres adressées à une infinité de correspondants, lettres dont un petit nombre seulement a pu être édité.

Gaston Chaissac est souvent classé dans la famille de l’art brut que Dubuffet définissait comme étant le fait des personnes indemnes de culture artistique mais ses préférences vont d’emblée à la peinture rustique moderne :

Peintre de village, je lui reste fidèle, trop sûr de faire fausse route si je cherchais à peindre à la façon des artistes peintres des capitales et sous-préfectures.

(Gaston Chaissac, Peinture rustique moderne, « Lettre à J.P. », Limoges, 1946, p. 54-56).

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