Vitraux en lithophanie de porcelaine

1997-2004

Vitraux en lithophanie de porcelaine sur trois baies et l’imposte.
Maître d’ouvrage : ministère de la Culture et de la Communication, Commune de Jabreilles-les-Bordes.
Maître d’œuvre : CRAFT (Centre de recherche sur les arts du feu et de la terre).

© ADAGP, Paris, 2018.
Philippe Favier, Vitrail en lithophanie de porcelaine
Photo : Christophe Fillioux
© DRAC Nouvelle-Aquitaine

L’œuvre et le territoire

Dès les années 1980, une collaboration entre la Délégation aux arts plastiques et la Direction de l’architecture et du patrimoine a permis de penser autrement la valorisation du patrimoine bâti et a conduit à l’initiation de commandes publiques dans des édifices religieux.

Ici, isolée dans les Monts d’Ambazac, la petite église de Jabreilles-les-Bordes, de style gothique, datant du XIIIe siècle, se déploie calme et discrète dans un écrin de verdure et de montagne. C’est en 1996 que le concept de vitraux en lithophanies de porcelaine a été développé par Henri-Michel Borderie, conseiller pour les arts plastiques à la DRAC du Limousin. Ce dernier a proposé à Philippe Favier de réaliser les premiers vitraux de ce type en y associant le CRAFT (Centre de recherche sur les arts du feu et de la terre) à Limoges. Préférer ce matériau de construction au verre relevait alors d’un pari ambitieux. Artiste et maître d’art ont allié leurs arts pour exécuter ce type très particulier de vitraux. Cet acte devient une véritable prouesse technique, étant entendu que la lithophanie n’était pas habituellement employée pour des applications architecturales. Elle devient aujourd’hui une technique repérée par les artistes et les architectes pour les qualités plastiques qu’elle autorise.

L’artiste ne remplit pas la totalité des plaques mais accorde une place au vide. Pourtant la profusion des motifs et leur dispersion aléatoire sur la surface créent un dynamisme et une agitation de l’ensemble. Chaque dessin contient un univers qui lui est propre. Ils nous amènent dans des mondes imaginaires, spatiaux, enfantins, sacrés mais jamais dépourvus de poésie. Dans cette invitation au voyage, notre regard croise l’improbable : ruches bruissantes, auréoles goguettes, arbres fourchus, croix emmaillotées, soleil ébouriffé, bols virevoltants... autant de symboles qui nous guident entre ciel et terre.

De l’intérieur, les dessins s’offrent à la lecture quand ils sont baignés par la lumière naturelle.
Les motifs se donnent à voir en reliefs ; le spectateur doit s’approcher pour les distinguer ; le doigt et l’œil sont convoqués... une perception intime de l’œuvre qui s’effectuerait presque à « fleur de peau ». Avec ses vitraux, Philippe Favier entre en correspondance avec le lieu ; ils invitent à la méditation et au silence.

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