Ville d’Égletons

1929-1975

© Droits réservés
Photographie aérienne de la ville d’Égletons
© DRAC Nouvelle-Aquitaine

L’œuvre et le territoire

Égletons a été dotée, entre 1929 et 1975, d’un programme architectural et urbain ambitieux porté par son maire Charles Spinasse. Celui-ci, sensible aux questions urbaines et nourri par ses voyages, met en place à Égletons un projet d’aménagement, d’embellissement et d’extension conformément à la loi Cornudet de 1919.

Le plan de la ville est basé sur deux compositions urbaines : la première correspond à un tracé fort, une perspective monumentale, à partir de laquelle s’organisent les principaux édifices publics ; la seconde correspond aux boulevards utilisés comme armature de la ville et comme noyau d’urbanisation.

La prise en compte du patrimoine bâti existant, du paysage et de la topographie est une des caractéristiques marquantes de la ville. La volonté de faire émerger Égletons à l’échelle nationale est indéniable. La planification urbaine adoptée en 1929 devait permettre de préparer le développement d’Égletons tout en préservant cette dernière d’un urbanisme subi, celle d’un développement livré au hasard des lotissements.

Deux architectes parisiens signent les principales œuvres. Le premier, Robert Danis, intervient dès 1930, puis, à partir de 1936, apparaît l’un des anciens collaborateurs de celui-ci, René Blanchot, identifié comme étant l’architecte de la ville d’Égletons.

Les monuments édifiés à Égletons s’inspirent des modèles de l’époque : la gare de Versailles, les œuvres d’Auguste Perret... Tous les projets, de la maison individuelle à l’établissement public, participent de la même volonté de donner un style architectural à la ville.

Les maires d’après-guerre entreprennent la restauration des édifices endommagés lors des bombardements d’août 1944 et continuent le projet d’urbanisme adopté dans les années 1930 - René Blanchot restant toujours l’architecte de la ville.

Charles Spinasse redevient maire d’Égletons en 1965. Tout naturellement, il poursuit la construction de la ville et dote Égletons d’un troisième boulevard, d’un centre A.F.P.A. et d’un I.U.T.

Charles Spinasse, croyant au bienfait de l’industrialisation, souhaitait attirer à Égletons des entreprises. Les boulevards, le sur-dimensionnement des réseaux, les centres de formations étaient autant de « terreaux fertiles » destinés à transformer un territoire agricole en un lieu de production industrielle. Or, la cité n’a jamais véritablement attiré de grandes industries.

Le projet urbain d’Égletons s’inscrit dans les nouvelles définitions de l’espace urbain voulu par les municipalités socialistes du début du XXe siècle.

Localisation