La fenêtre, la nuit, le lac

Mine de plomb et encre, 33 × 25 cm.
Publié dans L’Art du bref de Richard Millet (Le Promeneur, 2006).

© Philippe Ségéral
Philippe Ségéral, La fenêtre, la nuit, le lac
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© Philippe Ségéral

L’œuvre et le territoire

Les eaux, en Corrèze, dominent tout. Pierre Bergounioux a écrit cela, dans Le Fleuve des âges (Fata Morgana, 2005), que j’ai accompagné de dessins. De Millevaches le château d’eau, du Massif Central proche, ça ruisselle. Ensuite ce sont les barrages, les étangs, les lacs, l’eau immobile qui luit entre les arbres (le lac de Viam, c’était encore pour un livre, avec Richard Millet — L’Art du bref, Le Promeneur, 2006 —, celui-là) ; les ponts enfin. Tous ces dessins sont des souvenirs, les eaux anciennes de ma mémoire corrézienne.

(Philippe Ségéral)

Son rapport à la Corrèze

Dans la Corrèze où je suis né, peu de choses de la modernité se voyaient. Elles n’en étaient que plus notables. L’ironie est qu’elles n’étaient pas du tout modernes, en réalité. C’étaient des ponts de fer, des barrages, ou encore des viaducs en maçonnerie, etc. : des choses de l’âge héroïque — dépassé déjà, de la modernité. Mais, précisément, il y avait entre ces choses à l’air démodé et les paysages immémoriaux où elles surgissaient, à l’écart des lieux habités, un accord profond, une évidence poétique à laquelle on n’échappait pas.

(Philippe Ségéral)

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