https://vimeo.com/169647418
© Pyramide Production

L’œuvre et le territoire

Une vie après Oradour ne peut plus être la même, elle devient une vie avec. Elle est déterminée par le désir de témoigner inlassablement pour que l’histoire ne se répète plus. Elle porte l’empreinte du souvenir des morts et du désir de vivre, une empreinte qui transcende une vie.

(Pyramide Production)

Avec Une vie avec Oradour, Patrick Séraudie revient sur le récit du massacre perpétué le 10 juin 1944 par la troisième compagnie du bataillon 1 du régiment Der Fürher de la division blindée SS Das Reich. Le récit en est fait par les deux survivants encore en vie, Jean-Marcel Darthout et Robert Hébras, celui-ci retraçant aujourd’hui dans les ruines cette terrible journée, à l’image de ce qu’il avait fait avec son livre Oradour-sur-Glane, le drame heure par heure. Au-delà, Patrick Séraudie interroge l’après, la vie, le poids et les enjeux du souvenir...

En 2014, trois ans après Une vie avec Oradour, Patrick Séraudie poursuit son exploration de la barbarie nazie en Limousin avec le Silence et la Douleur, où, à travers des dispositifs similaires, il revient sur la journée du 9 juin 1944 à Tulle.

Faire parler les lieux

Dans ces deux films, Une vie avec Oradour et le Silence et la Douleur, ma démarche est similaire. Il s’agit de rendre compte des évènements qui se sont déroulés dans ces lieux il y a plus de soixante-dix ans.

Et, même si, à Oradour, le village a été conservé en l’état, il est aujourd’hui bien difficile de visualiser les volumes des différentes granges ayant servi d’abri aux rescapés dans leur fuite, alors qu’elles ne sont plus que des murs effondrés.
À Tulle, les lieux du drame (la place Albert-Faucher et la manufacture d’armes) ont été entièrement transformés au gré des réaménagements urbains.
Dans les deux cas, afin de faire parler ces lieux, j’ai recours aux témoignages des témoins pour expliquer in situ les actions qui s’y sont déroulées.

Dans les deux cas, j’utilise aussi la création d’images virtuelles pour matérialiser les lieux et les actions. Concrètement, pour les deux extraits choisis, l’apport de ces images permet d’appuyer les propos des témoins.
À Oradour, je recrée, en images de synthèse, l’enchevêtrement des hangars et des passages dans le secteur de la grange Laudy. Ces images, proches de la photographie, je les ai voulu épurées et d’une grande sobriété.
À Tulle, je montre la place Albert-Faucher telle qu’elle était en juin 1944 lorsqu’elle fut investie par les SS de la division Das Reich. J’ai alors recours à l’animation pour des séquences plus stylisées, proches d’un négatif photographique.

(Patrick Séraudie)

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