Paysages insoumis Troubles

20 juillet 2007

Février 1854
Oradour-sur-Vayres, Haute-Vienne.

© Thierry Girard
Thierry Girard, Paysages insoumis (Troubles)
© Thierry Girard

L’œuvre et le territoire

Fin 1853, deux ans après une vaine tentative de résistance au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, une nouvelle série de troubles secoue cette partie de la Haute-Vienne. En février 1854, des habitants de hameaux situés autour d’Oradour-sur-Vayres décident de marcher sur ce chef-lieu de canton pour y piller le grenier d’abondance. Le but était, dans une période de cherté des grains, de distribuer gratuitement ou à un prix très bas le blé aux habitants qui en manquaient. Si cela s’apparente aux troubles frumentaires (les « émeutes de la faim ») ou aux émeutes anti-fiscales (celles de 1791 par exemple) qui avaient marqué le XVIIIe siècle, l’arrière-plan est délibérément politique avec des mots d’ordre reprenant les principes de la République (Liberté, Égalité...) et un fort sentiment anti-bourgeois. Après l’échec de cette ultime émeute et le jugement des fauteurs de troubles, la « dissidence » de ces campagnes se traduira désormais par un vote politique très marqué à gauche ou à l’extrême-gauche.

(Thierry Girard)

À propos de Paysages insoumis

En 2002-2003, alors qu’il travaille à un projet autour de Vassivière, Les Cinq Voies de Vassivière, Thierry Girard est frappé par le caractère rebelle et réfractaire de l’histoire et de la culture du Limousin.

Ainsi, entre 2007 et 2009, il va arpenter cette région et ses départements limitrophes pour photographier ces « lieux et paysages liés à l’esprit de rébellion : révoltes paysannes, émeutes ouvrières, résistance etc. ».

Évoquer la terre de la Résistance mais aussi toutes les résistances qui au cours des siècles ont nourri l’histoire de ces régions : les révoltes collectives ou individuelles, les jacqueries et conflits sociaux, mais aussi les chemins d’exil ou de migration de populations chassées par la nécessité.

Son travail s’est constitué autour de lieux (villes, villages, campagnes, forêts) où un événement remarquable ou plus modeste a laissé une empreinte. Le paysage semble le plus souvent indifférent, souvent silencieux par rapport à son histoire mais tout le talent était de faire sourdre à la surface de l’image cette charge du passé. Se documentant, recueillant quelquefois des témoignages des habitants, il présente en regard de chaque photographie, un court texte où est relaté l’événement historique qui s’y ait déroulé.

(éditions Loco)

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