Le Salon des berces Sur les trois bâtiments...

Gilles Clément, Le Salon des berces, Nil Éditions, 2009, p. 197-198.

© Robert Laffont

Sur les trois bâtiments qui composaient le « Gué de Pillemongin », seule la grange fut épargnée par la montée des eaux dès la construction du barrage-poids, haut de soixante mètres, considéré alors comme le plus grand de France. En 1927 et pendant les trente années qui ont suivi, on regardait les reliefs comme autant de chance pour implanter des usines hydroélectriques ; dans les livres d’école on parlait de la « houille blanche » sur un ton de fierté patriotique. Le barrage repose sur le dernier verrou du socle granitique où la rivière dessine son lit, le plus au nord du Massif central, le plus près de Paris. Son implantation coïncide avec l’extension du métro. Celui qui s’attarde au paysage du lac, à peine frisé d’une petite brise, bordé de bois et de landes sans le moindre signe de civilisation, ne peut se douter que l’eau étale reflétant le ciel où tournoie un milan noir dans le silence de la vallée se trouve directement liée à l’agitation souterraine de la capitale, si loin au nord.

Gilles Clément, Le Salon des berces (Sur les trois bâtiments...)
© Robert Laffont

L’œuvre et le territoire

Ici, Gilles Clément présente le concept du « jardin en mouvement » qui s’inspire de la friche, espace au libre développement des espèces qui s’y installent.

À propos de Le Salon des berces

Le Salon des berces est un ouvrage qui décrit la vallée des Papillons, en Creuse, avec toute l’imagination de l’auteur de quand il était enfant, autour de sa nouvelle maison. Il y évoque un jardin en mouvement, un observatoire des espèces, un laboratoire de la nature où se trouvent toutes les questions environnementales qu’il se posait et qui ont fait de lui un paysagiste mondialement célèbre et respecté.

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