Status Post-Historicus

Six socles en marbre et six bustes en bronze.

© Droits réservés
Braco Dimitrijevic, Status Post-Historicus
Photo : Jean-Michel Péricat
© DRAC Nouvelle-Aquitaine

L’œuvre et le territoire

En 1997, la ville d’Ussel organise l’exposition L’art public à Ussel : un patrimoine pour demain. Cet événement a permis de fêter les dix ans de mise en place de trois commandes publiques : Daniel Resal, Alexandre Gherban et Braco Dimitrijević. Une occasion rare de présenter le travail de ces trois artistes et de questionner la place de la sculpture dans l’espace public.

Braco Dimitrijević y a présenté la photographie When elephants were rehearsing the nordic disciplines in my home ainsi que trois photographies de sa célèbre série Triptychos Post Historicus. Débutés en 1976, les « Triptychos » n’ont cessé de se développer tout au long de sa carrière ; il en a réalisé plus de 500 à ce jour. Ils s’inscrivent dans une réflexion que l’artiste poursuit depuis plus de 30 ans, sur l’Histoire et la représentation du temps.

C’est dans cette lignée que se place l’œuvre réalisée à Ussel. Positionnés en arc de cercle, dans le jardin qui jouxte le musée d’Ussel, des bustes en bronze représentant Michel-Ange, Léonard de Vinci, Albrecht Dürer et trois passants rencontrés au hasard sont installés sur six socles en marbre. Une plaque de marbre porte la légende suivante :

Il était une fois deux peintres, qui vivaient loin des villes et des villages. Un jour, le roi chassant aux alentours, perdit son chien. Il le retrouva dans le jardin d’un des deux peintres. Il regarda les œuvres de ce peintre et l’invita au château. Léonard de Vinci était son nom ; celui de l’autre disparut à jamais de la mémoire humaine.

L’artiste s’empare des codes de l’histoire de l’art et les brouille. Le buste, utilisé depuis l’époque romaine, permet de mettre l’accent sur l’individu, d’en dévoiler son caractère. Pour l’œuvre de Braco Dimitrijević, le buste devient un moyen de démocratiser l’art du portrait grâce à la représentation de trois visages d’inconnus. Il accorde ainsi à des personnes anonymes ce que l’Histoire réserve à ses grandes figures renversant ainsi l’ordre des valeurs. Une expérience similaire avait été menée en 1989, lorsqu’il exposa sur la façade du Centre Pompidou la photographie monumentale d’un passant anonyme.

Pour moi, un monument doit toujours apparaître sous une forme classique, mais ce qui justifie la présence des nouveaux monuments aujourd’hui, c’est le contenu et les nouveaux concepts qu’ils proposent.

(Braco Dimitrijević)

Localisation