Dans les années 1970, en Creuse, la déprise agricole - abandon progressif des terres incommodes - n’a pas vingt ans. On voit se boiser les « côtes ». Le paysage roux et rose des landes disparaît lentement sous la venue des jeunes chênes, des charmes et des châtaigniers précédés de bouleaux et de saules cendrés. Maintenant disparus, les chèvres et les moutons ouvraient le paysage le long des flancs abrupts de la Creuse. Venus saisir les tons fauves, l’absence de vert, la lumière sauvage accrochée au granit saillant, les impressionnistes de l’école de Crozant ne reconnaîtraient rien de ce paysage.

Gilles Clément, Le Salon des berces (Dans les années 1970...)
© Robert Laffont