Les jardins publics brasillaient. Le parc Victor-Thuillat, avec sa rivière anglaise bordée de séquoias, de cèdres, d’ifs, de tulipiers et de cyprès chauves, arbres majestueux dont les plus vieux étaient nés au XVIIIe siècle, respirait un charme très romantique, avec son ébouriffante collection de vivaces. L’été, ses bancs de bois dispersés le long du sentier circulaire étaient toujours pris d’assaut par des flâneurs en quête d’un peu de fraîcheur vivifiante. La micheline de Poitiers - aujourd’hui il fallait dire « TER » - sifflait toujours à son passage, pour saluer les promeneurs.
Franck Dumontel appréciait particulièrement ce parc qui jouxtait le nouveau commissariat de police dans lequel il venait de prendre possession de son bureau. Il lui arrivait parfois d’aller y faire quelques pas ou de manger un sandwich beurre-gruyère, tout en observant les mémés promener leur chien obèse, les amoureux allongés sur la pelouse taillée à l’anglaise, ou les gamins qui improvisaient un foot.

Franck Linol, La Cinquième Victime (Les jardins publics...)
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