Le long du chemin de Pillemongin, quelques pommiers tardifs bordent les ouches où l’on garde encore des oies, de la volaille ; les bouchures guident le regard et les pas comme les rails naturels et fragiles à la vue. Un rouge-gorge me suit et me précède, les fruits rouges des tamiers et des bryones se mêlent aux baies précoces du petit houx ; le cri lointain d’une buse, un piaillement de passereaux, le passage des grues, cet appel régulier vers le sud. Ainsi se succèdent les musiques du paysage sur le parcours de la ferme Fressignaud, en ce jour transparent où les sons éclatent dans la pureté de l’air.

Gille Clément, Le Salon des berces (Le long du chemin...)
© Robert Laffont