Benjamin le poète, dit le Barbu, considère la vie avec mesure et circonspection. Il exerce sa curiosité dans le passé ancien de la Terre, découvre un gisement d’aigue-marine au fond d’une crevasse, sur l’éperon rocheux de Crozant où se dressent les tours en ruine d’une forteresse Lusignan. Il signale la présence d’un opidum romain dans le canton et, pour des raisons propres à ses terrains de fouille, se spécialise dans le Magdalénien. Cette période du paléolithique supérieur - la civilisation du renne - le fascine. Il insiste sur l’importance de la vallée de la Creuse dans les migrations humaines et garde chez lui les silex trouvés sous Fressignes où les buis en bosquet témoignent d’un ancien campement.

Gilles Clément, Le Salon des berces (Benjamin...)
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