Ils pénétrèrent dans la salle de conférences, moquette bleu nuit, avec baies vitrées qui donnaient sur le parc. Le nouvel hôtel de police avait été construit à la fin des années 1990, sur le site des anciennes usines Haviland qui avaient été démolies pour être installées en zone industrielle Nord. Seul le four à porcelaine n° 16, qui avait été sauvé de la mâchoire des bulldozers, surplombait le bâtiment flambant neuf de la Police.

La fermeture de l’ancien commissariat central du carrefour Tourny avait été une petite révolution dans la vie limougeaude. Mais tous ceux qui avaient été amenés pour une raison ou pour une autre à fréquenter cet immeuble de la fin du XIXe, tout en angles, se souvenaient de la vétusté sinistre qui régnait dans les couloirs et les bureaux. L’hôtel de police du 84, avenue Labussière, du nom de l’ancien maire de Limoges dans les années 1895, présentait une architecture très moderne : acier, béton et verre. Les volumes avaient une certaine élégance, les courbures de la toiture dégageaient de la fluidité. L’ensemble avait de l’allure et, à l’inverse des vieux commissariats, la lumière irradiait tout l’espace intérieur.

Au-delà du style architectural, du design, le ministère de l’Intérieur avait certainement voulu communiquer du symbole au travers de cet immeuble : transparence et modernité, peut-être. L’hôtel de police accueillait dans ses murs plusieurs services : la Direction départementale de sécurité publique, le Service régional de police judiciaire (le SRPJ), et les Renseignements généraux.

Franck Linol, La Cinquième Victime (Ils pénétrèrent...)
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