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Le département de la Haute-Vienne produit des céréales en quantité insuffisante pour les besoins de la consommation locale ; mais les récoltes en pommes de terre, châtaignes et en sarrasin qui, pendant les mois d’hiver, servent à la nourriture des habitants de campagnes, compensent cette insuffisance ; les légumes et les raves viennent en abondance. On récolte beaucoup de noix, dont on fait de l’huile. L’orseille et le chanvre y sont cultivés en grand. Les vignes ne produisent guère que 20 à 25,000 hectolitres de vins de très médiocre qualité, bien insuffisants pour les besoins du pays, qui en tire chaque année 140,000 hectolitres des départements voisins, et surtout de ceux du Lot et de la Charente. Les meilleurs vins rouges du pays sont ceux d’Isle, d’Aixe, de Verneuil, de Bellac, de Saint-Bonnet, de Rochechouart. [...] Les pâturages, qui sont nombreux et bien arrosés, produisent d’excellents foins ; les prairies naturelles ont un grand nombre de de plantes odoriférantes. Les chênes, les hêtres, les bouleaux, les charmes sont les arbres les plus communs dans les forêts, dont les principales sont celles d’Aixe, de Saint-Yrieix, des Échelles, de Biais. L’aubépine, le houx y acquièrent des dimensions remarquables, ainsi que les rosiers sauvages, les buis et les genêts. Une nombreuse variété de mousses, de lichens et de bruyères couvre les pentes des plus hautes montagnes.
Les animaux domestiques sont généralement de belle espèce. Les bêtes à cornes y sont engraissées pour fournir à l’approvisionnement de la capitale ; la race des chevaux limousins est très estimée et se fait rechercher par la finesse et la grâce des formes, la légèreté, la vivacité et l’élégance, l’adresse de l’allure et la beauté de la taille. Ils sont employés pour la remonte de la cavalerie. Beaucoup de porcs et d’abeilles, mais peu de volailles. Le gibier à plume abonde. On cite les perdrix, les bécasses, les bécassines, les cailles et les grives. Les lapins, les lièvres, les blaireaux, les putois et les chats sauvages sont multipliés. L’écureuil, la belette et la fouine sont communs, et les taupes causent de grands ravages dans les prairies.
Les forêts renferment des loups, des renards et des sangliers, mais on n’y trouve ni cerfs ni chevreuils. Le milan habite les hautes montagnes, le grand-duc s’y mêle quelquefois. On rencontre quelques loutres le long des rivières ; ces dernières sont très poissonneuses ; la lamproie, l’ombre, le saumon, la truite et le tacon sont au nombre des poissons les plus estimés.

Victor-Adolphe Malte-Brun, « Haute-Vienne » in La France illustrée
Victor-Adolphe Malte-Brun, « Haute-Vienne » in La France illustrée, Jules Rouff et Cie, p. 6.