Marval arriva sur le terrain des yourtes. Il était aux environs de 15 heures.
C’était la première fois qu’il découvrait le site.
Un village de petits chapiteaux avec des couleurs chatoyantes. Un léger serpentin de fumée s’échappait du sommet des habitats en toile, offrant une atmosphère rassurante. La quiétude du lieu provenait de cette harmonie tout en rondeur qui semblait embrasser le ciel.
Immobile, Marval regardait. Il retrouvait la sensation rare qu’on éprouve sur une grève où les vagues, le vent, l’horizon infini vous enjoignent de faire oeuvre d’humilité. Et puis ce calme majestueux, cette douceur qui vous enveloppe tel un cocon généreux. Ici la nature donnait l’impression que la vie pouvait atteindre une puissance sidérante.

Franck Linol, Le Souffle de la mandragore (Marval arriva...)
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