« Père, dit-il [Chlodwig] à l’ermite, quelle récompense désires-tu ?
— Aucune, répondit Leonardus. Toute gloire doit revenir à Dieu, car toute gloire sort de lui.
— Veux-tu être roi ? insista le barbare ; j’irai conquérir un royaume pour mon parent, le descendant de Mérovée.
— Mon royaume n’est pas de ce monde, répondit le solitaire ; mais si tu veux absolument m’accorder des biens temporels, donne-moi un morceau de terre dans cette forêt pour y bâtir un monastère.
— Tu l’auras, dit le roi en s’éloignant avec ceux qui l’avaient accompagné, et maintenant, hâte-toi de demander à Dieu la grâce de ma bien-aimée. »

Le roi et ses compagnons sortirent et s’enfoncèrent dans l’épaisseur du bois pour regagner le château. Au moment où ils arrivèrent aux limites du camp, ils aperçurent des feux qui s’allumaient de toutes parts en signe d’allégresse. Les chants et les danses des Barbares troublaient le silence de la nuit : Chlotilde avait été heureusement délivrée au moment où Leonardus s’était mis en prières.
Le roi donna à Leonardus une partie de la forêt de Pavum, et dota de riches présents le monastère qu’on y bâtit. Dès ce moment, la ville de Saint-Léonard fut fondée.

Élie Berthet, Saint Léonard – Chlodwig-le-Chevelu (Père... — p. 311-312)