Enfin, la décision devint définitive. Au cours de la matinée du 8, les troupes se rassemblent dans le désordre et le bruit sous les lazzis et les sarcasmes des soldats de la première brigade.

La cohorte s’ébranle, sans ordre, par paquets et s’engage sur la route G. C. N° 7, se dirigeant vers le nord et se proposant d’atteindre Felletin.

Mais en cours de route, le général Lochvitski et son état-major, qui avaient suivi les hommes, ont encore suffisamment d’autorité sur eux pour les faire arrêter avant la limite du camp.

C’est ainsi qu’arrivée aux abords du hameau de Maindrin, à huit kilomètres à vol d’oiseau de La Courtine, la troupe consent à bivouaquer. [...]

Maindrin, qui comptait quelques feux seulement au temps où la vie y régnait, n’a plus que des maisons en ruines, dans lesquelles les vieilles poutres sont ramassées pour construire des cagnas.

Pierre Poitevin, La Mutinerie de La Courtine : les régiments russes révoltés en 1917 au centre de la France (Enfin, la décision...)
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