Tout d’un coup, alors que je commençais à me poser des questions, un avoué arrive de Paris pour me voir. Il s’agissait de Me Thomas. Il était président de Brive, qui végétait en deuxième division, et qui aurait bien voulu s’en sortir. Il venait me faire des propositions.
— Domenech, il faut venir à Brive. Sauver notre équipe. Vous savez, c’est une très belle ville, avec beaucoup de possibilités en tous genres.
Il avait un raisonnement convaincant. Et ses arguments l’étaient bien davantage. Je lui ai répondu.
— Bien. Bien. Mais écoutez-moi. J’ai besoin de me bâtir une situation. Moi, vous savez, je suis un réaliste.
[...]
Mais là, c’était intéressant. On m’offrait une situation, une très bonne situation. Je prenais la gérance d’un bar-restaurant, le « Molière ». Il s’appelait comme ça parce qu’il était situé juste derrière le théâtre, sur la place du Marché. C’est une affaire qui a marché divinement. Je l’ai tenu de 1954 à 1962. Huit ans. Une affaire extraordinaire. Du boulot, mais enfin, ça valait la peine de se donner du mal.

Amédée Domenech (en collaboration avec Paul Katz), Un rugby de Duc, Solar éditeur, 1971, p. 59-60.
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