La rue de la Boucherie, à Limoges. Sa minuscule église, comme russe, bourrée de trésors. Et les tanières-cloaques d’où sont sorties des générations de bouchers évanescents, anémiés ou estropiés par des croisements jaloux, et que leur fragilité a contraints à se convertir aux richissimes professions libérales. Cette boue rougeâtre qui continue de teinter le caniveau semble être le placenta des plus fameux notables de la ville.

Antoine Blondin, Ma vie entre des lignes, (Du côté de chez Viguié)