Le pin

Les plus beaux de nos jours sont de clairs paysages
Où l’odeur lumineuse et le rire des choses
Se mêlent, apaisants, aux doux et chers visages,
Qui dorment dans le temps et les mémoires closes.

Et vous, sage maison au frais balcon de roses,
Éclat du sable d’or et craquant aux allées,
Au vent moussu du puits où les pigeons se posent
Près de la haie de buis et des sauges pourprées.

Ne contenez-vous pas, chères, chères images,
Tant de frêles bonheurs, tant d’amours, tant de peines
Qu’en vous, telle la ruche au milieu du feuillage
Bourdonne tout l’essaim des heures anciennes.

Louis Chadourne, Accords (Le pin)