Obazine est un de ces endroits. Et sans doute la lumière dont on nimbe aujourd’hui sa lointaine implantation mystique est-elle inséparable de l’ombre qui entoura l’élection de ce lieu. Comme si ce pays, dans le plein jour où voudrait maintenant l’exposer sa renommée touristique, n’avait jamais renié ses mystères nocturnes ni cette part de silence dans laquelle, entre stupeur et émerveillement, le génie d’un lieu se déploie.
S’il faut nommer génie du lieu la part du ciel qui entre en terre, alors c’est à la rencontre entre les éléments naturels et la subjectivité humaine, qu’Obazine le doit. L’homme qui, le premier, les séparant du chaos originel où il cherchait à survivre, s’avisa d’établir une relation entre ces bois, ces hauteurs granitiques, ces sources et lui-même, celui-là fit pour la première fois l’expérience du sacré.

Jean-Paul Chavent, Le dieu qui dort (Obazine...)