Etait-ce l’harmonie du lieu ? Le vallon étroit mais ouvert en aval par la longue fuite de la rivière, semblait le cœur du pays, l’image résumée de ses aspects.

Dès l’entrée de la prairie, la voix de l’écluse s’élevait. Elle changeait à chaque pas ; on la traversait, on en sortait comme de rayons et d’ombres invisibles. Elle passait dans la poitrine et la vie prenait soudain une saveur plus douce, vague et rêveuse.

Au centre de tout, événement permanent, dramatique, la chute de l’eau sur la digue. Là, enfin on rencontrait le regard de la Gartempe.

Mathilde, Ludovic ou Henri s’absorbaient un moment dans la contemplation, fascinés ; puis l’un ou l’autre remontait sur la rive.

Jean Blanzat, La Gartempe (Était-ce l’harmonie...)
© Éditions Gallimard
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