D’où que l’on arrive, on ne peut éviter la place de la Collégiale du Dorat. Le plan de circulation inévitablement ramène le touriste qui se serait égaré sur cet emplacement aménagé pour accueillir les visiteurs de l’austère bâtiment. À droite, en remontant la Grande Rue, on débouche par la rue Rouge sur la place Charles-de-Gaulle et ses deux cafés avec chacun leur clientèle bien particulière. Le Café de la Poste, pour la jeunesse, et le Café français, petit hôtel-restaurant à la table convaincante, pour une restauration conviviale.
Comme beaucoup de petites villes de cette région de la Basse-Marche, Le Dorat s’enfonce petit à petit dans une désertification chronique, n’attirant plus que quelques touristes l’été, vacanciers d’un jour ou d’une semaine. Seuls les autochtones restent accrochés à leurs racines, mais personne ne vient relever ces forces vieillissantes. Faute de travail. D’agriculture laminée. Où même sur ces pâturages verdoyants, traditionnellement d’élevage du mouton, la filière de la viande ne parvient plus à trouver aujourd’hui de réelles perspectives.
Pour toutes ces raisons, le Haut-Limousin, plus qu’ailleurs peut-être, empêtré dans son terroir, attaché à son authenticité rustique, est la dernière grande réserve naturelle pour seniors en fin de vie.
Comment pourrait-elle ne pas détester cette ville ?

Joël Nivard, Little Bighorn (Le Dorat)
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