Absorbée par les travaux de la ferme, les repas à préparer, les enfants dont elle doit s’occuper, la nécessité de toujours faire vite, Maria oublie presque, l’espace d’un instant, la tragédie. Mais la douleur revient au galop, comme un coup de poignard au cœur.

Les Allemands ont brûlé Oradour, ils ont tout tué. Germaine, Georgette ma fille, ma petite fille, Edmond, Marcel, nous ne le reverrons plus. C’est triste la mort, on ne se revoit jamais. La pauvre Germaine, elle, a eu trop de malheur, maman, encore adolescente, morte si jeune avec ses enfants pour avoir voulu les sauver. Comment est-elle morte ? Que lui ont-ils fait subir ? Ils ont dû beaucoup souffrir tous, c’est si douloureux une brûlure. Ah les salauds, tous ces gens qu’ils ont tués. Il faut être un bourreau, on se demanderait si ce sont des mères qui les ont mis au monde.

Albert Valade, La Page de catéchisme (Absorbée par les travaux...)
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