Plutôt que de s’oublier
ce pays se souvient de lui-même
il est roux, il est extrême
toujours inquiet et menacé

Il s’abandonne avec ardeur
à celles et ceux qu’il inspire
il t’intrigue et il t’attire
par lui tu goûtes au bonheur

De ses couleurs à l’horizon
de sa lumière inédite
sur la crête des Monts de Blond
il t’inonde comme de l’eau bénite.

Chemins bordés de toutes parts
entre vos haies d’églantine
vous me donnez le hasard
de croiser la fée serpentine.

Chemins qui me détournez
de mes soucis, de mes projets
et me donnez le pur espace
de l’été qui chaque année repasse.

Sylvestre Clancier, Généalogie du paysage. Quatrains limousins (Plutôt que de s’oublier)
© Éditions L’Harmattan