Le Martyre de sainte Barbe

Tapisserie de basse lisse, laine et soie, 257 × 470 cm.
Collection : Musée d’Art et d’Archéologie, Guéret.

François Finet, Le Martyre de sainte Barbe
Photo
© Musée d’Art et d’Archéologie, Guéret

L’œuvre et le territoire

Tissée dans les ateliers d’Aubusson d’après un carton de François Finet, cette tapisserie représentant Le Martyre de sainte Barbe a été réalisée pour la chapelle de la confrérie des Lissiers, dans l’église Sainte-Croix d’Aubusson, vers 1678.

L’histoire de sainte Barbe, patronne des lissiers

Barbe naît au IIIe siècle à Nicomédie (nord-ouest de la Turquie, aujourd’hui Izmit). Son père païen, nommé Dioscore, face au refus de Barbe de se marier car celle-ci se sent vouée à une spiritualité chrétienne, enferme sa fille dans une tour. En son absence, Barbe fait percer une troisième fenêtre à la tour pour symboliser la Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Son père, fou de rage de voir sa fille si imprégnée de croyances chrétiennes met le feu à la tour laissant ainsi Barbe s’échapper. Arrêtée, elle se retrouve devant un tribunal l’accablant et ordonnant des supplices (coups, brûlures, seins coupés). Même sous la torture elle refuse d’abjurer sa foi ; elle est décapitée par son propre père qui reçoit la foudre du ciel pour cette acte.
C’est ainsi que sainte Barbe protège de la foudre et devient la sainte patronne de ceux qui doivent affronter le feu (artificiers, pompiers, etc.).

La scène

À gauche, le Christ apparaît à sainte Barbe représentée dans sa cellule.
Dans la saynète à l’arrière plan, Barbe, dont la cachette vient d’être dénoncée par un berger, est poursuivie par son père Dioscore.
À l’arrière plan à droite, Dioscore est représenté tirant Barbe par les cheveux, puis celle-ci désigne le monogramme du Christ sur une colonne.
La scène centrale, au premier plan, illustre le martyre de Barbe : des soldats païens la fouettent, attisent le feu pour lui infliger des brûlures tandis qu’un soldat casqué entreprend de la dévêtir.
Enfin, Dioscore, à droite, brandit son épée, prêt à la décapiter.

La Saint-Barbe se fête

La fête de la Sainte-Barbe, le 4 décembre, est dans le calendrier chrétien celle des « Barbe » et des « Barbara ». Elle devient à Felletin et à Aubusson un événement important, un jour chômé, marqué par des coups de feu et de copieux repas bien arrosés. Vers 1900, les habitants économisaient en prévision de ce jour de fête familiale pour lequel ils réservaient traditionnellement une dinde ou une oie dans les campagnes avoisinantes. Des coups de pistolets et de fusils, sirènes et cloches appelaient les ouvriers, non plus au travail mais au rassemblement festif. Avec le temps cette tradition festive collective a perdu de sa ferveur pour prendre l’allure d’un simple banquet, puis, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 4 décembre n’est plus un jour chômé.

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