Saint-Étienne-de-Braguse

Dessin aquarellé, 41 × 32 cm.
Collection Ville de Brive – Musée Labenche.

Gaston Vuillier, La chapelle de Braguse à Gimel
Photo
© Ville de Brive - Musée Labenche

L’œuvre et le territoire

Lorsque vers 1892 Gaston Vuillier s’installe définitivement à Gimel, et y rédige « En Limousin (paysages et récits) », il prend bien soin de relater toutes les curiosités du village et de ses alentours. Outre de s’attarder sur les nombreuses richesses naturelles du village (dont ses cascades), il se lance également à la conquête de son histoire, remontant savamment jusqu’au temps du roi Clovis.

L’Inferno finit contre un promontoire escarpé qui barre en quelque sorte le lit du torrent. Sur la roche taillée à pic, l’antique sanctuaire de Saint-Étienne de Braguse élève son clocheton béant et ses murailles couvertes d’épaisses toisons de lierre. [...] L’écho du torrent qui frappe la base du rocher bruit dans les murailles. Comme il court sous un épais couvert, on le devine seulement à quelques éclats d’acier qui percent le feuillage.
Dans la paroi de la falaise s’ouvre une grotte. L’accès en est périlleux, il faut pour y parvenir se laisser glisser prudemment le long du rocher en s’accrochant aux bruyères, car le moindre faux pas entraînerait au fond du gouffre.
C’est là que vécut et mourut saint Dumine, un guerrier du temps du roi Clovis qui devint anachorète et fut sanctifié. Il avait bâti un modeste oratoire, où il fut inhumé et qui au XIIe siècle devient une église paroissiale. « [...] Là, reposait en effet, le saint dont les vertus avaient embaumé ces âpres solitudes ; là venaient dormir ces hauts et fiers Gimel, dont le château pourtant renfermait une église et qui avaient leur rang marqué dans les caveaux de l’abbaye de Tulle ; là enfin brillaient les nombreuses reliques que le saint anachorète avait apportées d’Orient. On sait quel était pour la dépouille des saints le culte de nos pères ; or jamais peut-être église de campagne n’en offrit à leur piété une liste plus longue. [...] ».
[…]
Le vieux sanctuaire favorise les longues rêveries. Les heures s’y écoulent au chant musical des eaux, aux chuchotements très doux du vent qui lui arrive au fond de la gorge par bouffées tièdes. On est près du terrible Inferno, on est loin du village, dont les maisons accrochées au haut de la corniche dominent les pentes.

Ce sanctuaire nourrit de nombreuses légendes :

L’imagination populaire a peuplé de revenants ce sanctuaire abandonné sur un précipice. On raconte qu’un paysan s’y rendit un jour pour choisir une pierre de foyer. Il s’efforçait de couper à la dimension voulue la dalle d’une tombe quand une voix sortant de sous terre lui reprocha cette violation de la mort. Il s’enfuit précipitamment. La pierre tombale, sciée à demi, gît encore sur le sol telle qu’il l’a laissée.

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