Résistances : marche d’Eymoutiers

Prises de vue argentique, négatif 6 × 7 cm.

© Nicolas Frémiot
Nicolas Frémiot, Résistances : marche d’Eymoutiers (1.Espace Paul Rebeyrolle)
1. « Espace Paul Rebeyrolle »
© Nicolas Frémiot

L’œuvre et le territoire

Nicolas Frémiot, « photographe-marcheur », travaille en argentique, en moyen format, c’est-à-dire avec des négatifs de 6 par 7 centimètres.
Comme pour chaque marche, Nicolas Frémiot réalise un texte, une chronique journalière et intimiste, retraçant son parcours et ses rencontres, ses questionnements et sensations.

Millevaches, cent coups et dix de der… Millevaches, plateau de résistance, cent fois sur le métier… Millevaches, entêté pays de paysans obstinés…

Ici le marcheur déroule un sentier de guerre, affronte une rude mémoire vivace : la « république soviétique » installée en 1917 dans le camp militaire de La Courtine par des soldats russes mutinés, le monument aux morts du village de Gentioux édifié contre « la maudite guerre » de 14, le maquis de Georges Guingouin entre 1941 et 1944, l’espace Paul Rebeyrolle, peintre révolté et engagé, l’enracinement de militants d’une économie alternative, dont la désormais célèbre communauté de Tarnac…

En franc-tireur, par les chemins furtifs, Nicolas Frémiot arme son boîtier, met en joue les chromos historiques, affouille les amorces de la jacquerie à peine enfouies sous l’aimable banalité des près et des bois, traque dans la topographie le portrait clandestin de l’Armée des ombres, du Collectif invisible… Dans les herbes, les arbres et la boue de Millevaches, est-ce l’ADN de l’insurrection qui vient qui sourd ?

(Claude Rambaud)

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