Projet pour la Maison du Peuple

Projet pour la Maison du Peuple, attribué à Léon Faure.
Aquarelle, 85 × 65 cm.

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Léon Faure, Projet pour la Maison du Peuple
Numérisation
© Ville de Limoges - Archives municipales

L’œuvre et le territoire

La loi de 1884 autorisant la liberté d’association et la création de syndicats professionnels apporte un nouvel élan au monde syndical et à l’organisation du monde du travail. À la fin du XIXe, Limoges, ville industrielle en plein essor, voit naître en 1895 la Confédération générale du travail (C.G.T.) et en 1896 la Bourse du travail qui proposait aux ouvriers divers services : bibliothèque, formation avec des cours professionnels, distribution de secours aux chômeurs, bureau de placement.

La Maison du Peuple, située rue Charles-Michels, anciennement rue Magnigne, poursuit les missions de cette dernière. Elle a pour vocation d’honorer à la fois le monde du travail et plus particulièrement le monde ouvrier et syndical mais aussi la municipalité qui a entrepris la construction. C’est dans ces termes que s’exprime le maire de Limoges d’alors, Léon Betoulle, peu avant l’ouverture du bâtiment en 1936.

Cet édifice, emblématique par la fonction politique et sociale qu’il incarne, est un exemple significatif de l’architecture de l’entre-deux-guerres et du courant art-déco des années 1925-1930. Le service de l’architecture de la Ville, alors dirigé par l’architecte Léon Faure, conçoit le projet et assure le suivi des travaux. Une centaine de calques d’exécution du bâtiment sont aujourd’hui conservés aux archives municipales de Limoges.

L’aquarelle de l’élévation de la façade, datée de 1935 — soit un an avant l’inauguration du bâtiment —, met en valeur un nouveau type de traitement de façade où les surfaces évidées (les fenêtres) l’emportent sur les parties pleines grâce à l’emploi de nouveaux matériaux (le béton) et aux progrès techniques. La façade reprend un rythme ternaire soulignant la travée centrale réduite en largeur. Cette dernière offre un riche vocabulaire décoratif : porte en ferronnerie, mosaïque de couleurs, balcon en saillie, colonnes à cannelures à demi-engagées. À l’intérieur, la décoration du hall d’accueil et de la salle de spectacle rend un hommage appuyé au monde du travail : vitraux avec le sigle CGT et fresque murale du peintre Pierre Parot.

Aujourd’hui, le bâtiment accueille plusieurs syndicats et des associations et a reçu en 2002 le label « Patrimoine du XXe siècle » décerné par le ministère de la Culture pour souligner son intérêt architectural.

Bonus

  • Projet de la Maison du Peuple : porte d’entrée
    Détail de la ferronnerie, encre sur calque, 1934.
    © Ville de Limoges - Archives municipales
  • Avant-projet de construction de la Maison du Peuple
    Plan d’ensemble du rez-de-chaussée, mine de plomb sur calque, 1933.
    © Ville de Limoges - Archives municipales
  • Projet de la Maison du Peuple : détail de la façade
    Relevé pour l’enseigne « Maison du Peuple » en mosaïque.
    © Ville de Limoges - Archives municipales

Localisation