Préfecture de la Haute-Vienne

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Préfecture de la Haute-Vienne
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L’œuvre et le territoire

Les travaux de l’immeuble de la préfecture ont débuté en 1900 et se sont achevés en 1911. L’aile des examens, construite entre 1908 et 1911, est quant à elle restée inachevée.

La façade principale de l’édifice se constitue du pan coupé du bâtiment situé à l’angle de la rue de la Préfecture et de l’avenue de la Libération. La préfecture bénéficie, par cet artifice, d’une élévation importante et imposante, dominant ainsi tout un quartier, et magnifiée par une composition en ordre colossal.

Le traitement y est monumental : six colonnes jumelées semi-engagées, couronnées d’un chapiteau ionique à cornes et guirlandes de feuillage très stylisées, encadrent cinq travées ; elles sont surmontées d’une balustrade-rambarde en pierre qui, posée devant la toiture à la Mansart, permet d’agrandir artificiellement l’édifice vers le haut.

À chaque angle sont édifiés deux avant-corps légèrement saillants, chapeautés par une imposante sculpture symbolisant la République victorieuse et florissante : sous des volutes, des cornes d’abondance fleuries autour d’un cartouche à enroulement ; au sommet, l’enceinte d’une ville fortifiée dotée de quatre tours et le casque d’un guerrier. Le cartouche cache en grande partie un faisceau de verges, symbole des licteurs romains, réutilisé en 1789 pour la hampe révolutionnaire, et symbole architectural très fréquent à la Renaissance. Les sculptures décoratives sont dues à Henri Varenne (1860-1933), sculpteur tourangeau.

De chaque côté de cette façade, existent deux pavillons semi-circulaires légèrement en retrait. Par son entrée imposante, par ses deux têtes de lion, symboles de la force et de la majesté des lieux, et par son balcon à balustre marquant le bureau du préfet, la tour-lanterne à dôme, située sur la rue de la Préfecture, renforce la monumentalité de cet ensemble.

Les deux façades en retour, destinées à héberger des bureaux, sont beaucoup plus sobres. Elles présentent des similitudes avec certains des immeubles d’habitation édifiés à cette époque dans le quartier. Sur cette façade de l’avenue de la Libération est inscrite la devise de la République, « Liberté, Égalité, Fraternité ».

La décoration intérieure, réalisée entre 1905 et 1913, rassemble des œuvres représentatives du répertoire de la peinture décorative de la Troisième République, signées, entre autres, des peintres Eugène Alluaud (1866-1947), Raphaël Collin (1850-1916), Charles Mengin (1853-1933), Noël Bouton (1860-1954 ) et François Thévenot (1856-1943).
La verrière de l’escalier est quant à elle d’Albert Gsell (1867-1951).

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