Poste centrale de Limoges

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La Poste centrale de Limoges
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L’œuvre et le territoire

La poste centrale, construite en briques et en pierres, s’inscrit dans le style néo-classique. Sa construction s’achève en 1909, deux ans avant celle de la préfecture, située juste en face, que l’on doit au même architecte, Jules-Alexandre Godefroy.

De par sa situation à l’angle de deux rues, le bâtiment de la poste centrale jouit d’une grande visibilité. La façade se veut imposante par sa tour-lanterne à dôme et son inscription « Postes et Télégraphes » surmontée d’une corniche et entourée de volutes et de cornes d’abondance.
Les façades monumentales et l’équilibre des proportions sont destinés à rassurer les clients sur la solidité de cette institution financière et la probité de ses agents. C’est pourquoi les rares sculptures sont des allégories de l’abondance ou des valeurs républicaines.

Un massif motif sculpté marque chaque côté de la tour semi-circulaire d’angle : Marianne ailée au bonnet phrygien pourvu de petites ailes — dans l’esprit des représentations d’Hermès —, entourée de volutes, cordons feuillagés, feuilles d’acanthe, etc.
Le vitrail situé dans l’imposte au-dessus de la porte fait référence aux fonctions de messager de la poste avec la représentation du caducée d’Hermès (« sceptre du héraut ») composé d’un flambeau surmonté de deux ailes, autour duquel s’enroulent deux serpents qui se font face à son sommet. Le bâton d’Hermès a été transformé en flambeau éclairé (chapeauté de flammes), symbole hérité des Lumières pour représenter la liberté.

L’architecture du bâtiment est le résultat d’un compromis entre tradition et modernité : elle reprend des règles de la composition classique dans un souci de style mais, en même temps, recourt à des matériaux nouveaux partiellement dissimulés dans la façade (acier, fer, emploi de la brique en combinaison).
Le vocabulaire architectural reste très sobre. Il s’inspire du style classique mais seules les grandes lignes maîtresses sont inscrites. Ainsi, les alettes de part et d’autre des baies reprennent le motif des chapiteaux doriques et la corniche à denticules est simplifiée à l’extrême.

L’édifice se veut fonctionnel et économique quant à sa réalisation : emploi de poutres d’acier pour une partie de la structure ; briques présentes sur une grande partie de l’édifice (excepté celles devant être mises en valeur) ; maximisation des espaces intérieurs privés permise par une relative faible hauteur des plafonds ; ornementation très réduite... L’ensemble est doté de nombreuses baies pour accentuer son caractère public.

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