Les Élégies martiales Pont de chemin de fer

© ADAGP, Paris, 2018.
Raoul Dufy, Les Élégies martiales (Pont de chemin de fer)
Numérisation
© Bibliothèque francophone multimédia de Limoges

L’œuvre et le territoire

En regard du poème « Un dimanche limousin » de ces Élégies martiales, Raoul Dufy réalise une gravure représentant le pont de chemin de fer de Limoges qui enjambe la Vienne.

À propos de Les Élégies martiales

Roger Allard, poète, et Raoul Dufy, graveur et peintre, réalisent une publication assez unique dans les circonstances difficiles de la Première Guerre mondiale. Tous deux sont confrontés à l’épreuve des combats. La mobilisation projette ainsi brutalement des milliers d’hommes dans un monde organisé par de nouvelles lois, celles de l’ordre militaire qui les confronte au sacrifice de soi et à l’éventualité de la mort à venir. Si tous vont témoigner par leurs échanges et leurs correspondances de leurs conditions de vie et de leurs épreuves, les artistes offrent pour leur part leurs propres représentations de la guerre au fil de son déroulement.

Bien que l’on ne dispose pas de la correspondance qui a nécessairement lié les deux hommes au fil de l’élaboration du recueil, Roger Allard et Raoul Dufy continuent de communiquer, d’échanger sur leurs travaux et de produire leurs œuvres. Le résultat de leur collaboration dans le cadre de l’ouvrage Les Élégies martiales montre la complémentarité de leurs expressions artistiques. Ils décrivent en effet les mêmes états de conscience, les interrogations et incertitudes face à un événement qui broie les individualités, exalte le collectif, implique le don de soi.

Les Élégies martiales sont un poème lyrique en quinze volets écrit en alexandrins. Roger Allard le compose entre 1914 et 1917, plus particulièrement au cours de l’année 1916 lors de sa convalescence à Limoges, puisant dans son expérience de la guerre, qui le voit être blessé une seconde fois en 1917. L’ouvrage est publié alors qu’il est hospitalisé au Val-de-Grâce.
Le poète, via l’écriture et la création d’un environnement poétique, dispose ainsi d’une certaine liberté et peut prendre du recul, décrivant une prise de conscience et la représentation d’une réalité personnelle, en dehors de la censure qui s’exerce sur les correspondances.

À chaque volet correspond, en écho au thème qui y est abordé, une ou plusieurs gravures de Raoul Dufy qui emprunte à l’imagerie populaire. Ses gravures ont une simplicité de lecture et une grande intensité plastique, en faisant une place importante au graphisme.

Localisation

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