Aux halles de Limoges, une sensibilité photographique Halles

Jean-Loup Aubour, Aux halles de Limoges, une sensibilité photographique, Les Ardents Éditeurs, 2014, p. 63.

© Les Ardents éditeurs

J’ai toujours eu besoin d’entendre battre le cœur des villes. Après Paris, je voulais, à Limoges, un bel endroit à vivre. À l’angle inférieur de la place de la Motte, dans le vieil immeuble (classé au patrimoine, Madame !) sis au 4, là où la librairie Page et Plume occupe le rez-de-chaussée, on est – au troisième étage – président de l’univers, rien moins ! Surplombant l’agora, on voit de sa fenêtre (le) tout Limoges venir à soi : descendre depuis Othon-Péconnet et Darnet, « forcer le plat » au sortir d’Adrien-Dubouché ou reprendre son souffle depuis le haut de la rue du Clocher. Et tout ce qui se fait de bien en termes de piétons passe de la sorte sous vos pieds. En tout cas, l’endroit est une véritable croisée des chemins. De là, on peut ainsi aller à droite vers Périgueux en filant par la rue Gondinet et poursuivant vers Beaupeyrat. On peut, tout droit, descendre vers la rivière en se glissant place des Bancs, courir, prendre un bon élan rue Haute-Vienne et s’assurer par son saut d’une avancée déjà confortable vers Clermont-Ferrand ou Saint-Léonard-de-Noblat.
Enfin, posté au même endroit, aidé par le jeu des résonances entre façades, alcoolisé plus qu’il ne faudrait, en vociférant seul ou à plusieurs en milieu ou fin de nuit, on peut, fastoche, réveiller un Maurice Reverdy endormi en son appartement aux fenêtres déglinguées et perméables, hélas, à toute source sonore extérieure. Ah… le bel endroit que celui-ci ! Aujourd’hui cependant, après dix ans de loyaux sévices, le beau daim a abandonné la place.

Maurice Reverdy, Halles
© Les Ardents éditeurs

À propos de Aux halles de Limoges, une sensibilité photographique

Aux halles de Limoges, une sensibilité photographique est dédié à ce lieu mythique qui fait battre le cœur de la ville.
Au travers d’une centaine de prises de vues, Jean-Loup Aubour dévoile sa passion pour cette architecture et les commerçants qui la font vivre. Et c’est tout naturellement par le biais de témoignages d’habitués des halles, célèbres ou anonymes, que l’on comprend l’attachement que les Limougeauds entretiennent avec l’un des fleurons architectural de la capitale limousine.

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