Patrick Dubrac

À propos

En référence à une église de Sarajevo qui se devait d’être plus petite que la plus petite des mosquées de la ville et dont la périphérie devait être au plus égale à la peau d’un mouton découpée en lanière, j’établis la méthode et les procédures contraignantes d’élaboration de mon travail qui consiste à faire avec la trouvaille, l’existant, le hasard, l’aléatoire. Chaque tentative de construction d’une forme est une interrogation sur ce qui peut advenir. La méthode réside dans l’absence de projet prédéterminé, les matériaux me guident. Le travail s’élabore dans un long cheminement entre contraintes et possibles, jusqu’à la dernière étape quand on ne peut pas aller plus loin dans un état d’équilibre entre le commencé et le non fini.

Ainsi, après le papier journal réduit en pâte, teintée dans la masse, moulée dans des toiles et divers contenants (Axes, Romaines, Tuiles...), Patrick Dubrac utilise à partir de 1990 des chutes de bois dont il fait des constructions, sans autre intervention que leur assemblage, qui une fois investies de la fonction de sculpture évoquent des architectures improbables, des mobiliers inutilisables (Constructions, Enceintes, Enclos, Bâtis, Chutes d’Icare...).
En 1996, il initie La Sculpture : les Pluies, organisant [jusqu’en 2004] une récolte d’eau de pluie dans [son] atelier de Châtenet en Creuse et simultanément dans une centaine de lieux en France [...] Les données pluviométriques qui [lui] sont transmises sont codées à l’aquarelle bleue jour après jour dans des carnets. L’ensemble des dessins réalisés, les noms des participants et des lieux sont rassemblés et édités sous forme de livres d’artistes..

À partir de 2008, Patrick Dubrac se lance dans la création de séries de formes simples nommées Mémorabilia à partir de carton d’emballage de récupération ; ces sculptures sont peintes à l’acrylique dans des tons évoquant le bronze de manière à accentuer le paradoxe entre leur aspect massif et leur légèreté. En 2009, il découvre le travail des peintres camoufleurs de la Grande Guerre et utilise leur palette de couleurs sur les matériaux de ces assemblages à l’aide de chutes de bois ou de papier, substituts au pinceau et réminiscence de ses précédents travaux ; ces outils sont ensuite « recyclés » dans de nouvelles créations.

Œuvres liées

Documents associés

  • Patrick Dubrac, La Sculpture : les Pluies : récolte à Vassivière, avril 1996
    © Patrick Dubrac
  • Patrick Dubrac, La Sculpture : les Pluies : récolte à Vassivière, avril 1996
    © Patrick Dubrac