Paris-Austerlitz : 1 km 800

Daniel Soulier, Paris-Austerlitz : 1 km 800, Le bruit des autres, 2002.

3 œuvres

L’œuvre et le territoire

Après Orléans-les-Aubrais, l’émotion grandit. La traversée de la Beauce où il n’y a rien à voir, que du ciel, paraît sans fin ; puis la descente sur Étampes et la traversée de la gare en courbe, à une vitesse vertigineuse, font monter l’enthousiasme à son point culminant. Je suis collé à la vitre à regarder passer les pavillons de meulière, les cités HLM et les usines. Brétigny-sur-Orge, Sainte-Geneviève-des-Bois, Choisy-le-Roi, la voie ferrée longe la Seine. A partir de Vitry-sur-Seine, le paysage devient essentiellement ferroviaire : ateliers, garages de locomotives, gares de triage... Au coup de frein, lorsque tout est poussé magiquement vers l’avant, mon cœur saute et ma tête explose, nous y sommes presque, chaque tour de roue me rapproche de mon rêve. Freinage, odeur de fer et puis, sur le mur du poste d’aiguillage, peint en grosses lettres soulignées d’une flèche : Paris-Austerlitz à 1 km 800 ! Doucement, ça va trop vite, on va s’écraser contre la gare, 1 km 800, à cette allure, on n’a déjà plus le temps de s’arrêter...

Le bruit des autres