Le dieu qui dort Obazine...

Jean-Paul Chavent, Le dieu qui dort, Les éditions du Laquet, 1997, p. 20-21.

© Les éditions du Laquet

Obazine est un de ces endroits. Et sans doute la lumière dont on nimbe aujourd’hui sa lointaine implantation mystique est-elle inséparable de l’ombre qui entoura l’élection de ce lieu. Comme si ce pays, dans le plein jour où voudrait maintenant l’exposer sa renommée touristique, n’avait jamais renié ses mystères nocturnes ni cette part de silence dans laquelle, entre stupeur et émerveillement, le génie d’un lieu se déploie.
S’il faut nommer génie du lieu la part du ciel qui entre en terre, alors c’est à la rencontre entre les éléments naturels et la subjectivité humaine, qu’Obazine le doit. L’homme qui, le premier, les séparant du chaos originel où il cherchait à survivre, s’avisa d’établir une relation entre ces bois, ces hauteurs granitiques, ces sources et lui-même, celui-là fit pour la première fois l’expérience du sacré.

Jean-Paul Chavent, Le dieu qui dort (Obazine...)
© Les éditions du Laquet

À propos de Le dieu qui dort

Le roman Le dieu qui dort de Jean-Paul Chavent est une méditation autour du paysage et du village d’Aubazine en Corrèze, et plus particulièrement autour du canal que les moines y ont creusé.

Ce n’est pas nous qui disons le lieu, c’est lui qui nous dit.
La perte de la relation au monde est la nouveauté tragique du siècle qui finit. Il se peut que l’unification — l’unification mondiale des regards — soit le prix à payer pour faire partie du monde qui vient. Qu’est-il encore possible de voir des paysages, des lieux de mémoire ou de spiritualité où s’inventèrent notre culture et notre imaginaire ?
Qu’est-il possible d’inventer ? C’est à la recherche de ce site intérieur, depuis le mur du monastère à celui de Facebook, que nous invite ce livre où la nostalgie compte moins que la conquête d’un nouvel éblouissement.

(Éditions du Laquet)

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