Paris-Austerlitz : 1 km 800 Nous habitons faubourg Montjovis...

Daniel Soulier, Paris-Austerlitz 1 km 800, Le bruit des autres, 2002, p. 34.

© Le Bruit des autres

Nous habitons faubourg Montjovis. Au 518, c’est dire si ce faubourg est long ; on n’en voit pas le bout.
Entre le stade Beaublanc et la caserne Beaupuis.

En bas de l’immeuble il y a le coiffeur pour hommes et un horloger qui vend des réveils JAZ.
Il les répare aussi.

Derrière l’immeuble il y a un jardin où chaque locataire a son petit carré de potager.
Mon père, qui n’aime pas les légumes pour en avoir beaucoup trop mangé pendant la guerre,a remplacé son lopin de terre par un hangar en planches et en tôles où il bricole des vélos.

Daniel Soulier, Paris-Austerlitz : 1 km 800 (Nous habitons faubourg Montjovis...)
© Le Bruit des autres

À propos de Paris-Austerlitz : 1 km 800

Après Orléans-les-Aubrais, l’émotion grandit. La traversée de la Beauce où il n’y a rien à voir, que du ciel, paraît sans fin ; puis la descente sur Étampes et la traversée de la gare en courbe, à une vitesse vertigineuse, font monter l’enthousiasme à son point culminant. Je suis collé à la vitre à regarder passer les pavillons de meulière, les cités HLM et les usines. Brétigny-sur-Orge, Sainte-Geneviève-des-Bois, Choisy-le-Roi, la voie ferrée longe la Seine. A partir de Vitry-sur-Seine, le paysage devient essentiellement ferroviaire : ateliers, garages de locomotives, gares de triage... Au coup de frein, lorsque tout est poussé magiquement vers l’avant, mon cœur saute et ma tête explose, nous y sommes presque, chaque tour de roue me rapproche de mon rêve. Freinage, odeur de fer et puis, sur le mur du poste d’aiguillage, peint en grosses lettres soulignées d’une flèche : Paris-Austerlitz à 1 km 800 ! Doucement, ça va trop vite, on va s’écraser contre la gare, 1 km 800, à cette allure, on n’a déjà plus le temps de s’arrêter...

Le bruit des autres

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