Mourir dans le corps du loup Nous arrivâmes séparément

Aude Courty, Mourir dans le corps du loup, Les Ardents Éditeurs, 2014, p. 195-196.

© Les Ardents éditeurs

Nous arrivâmes séparément à l’Université ; ma réputation d’étudiante farfelue me précédait déjà suffisamment pour que l’on ne me mette pas en plus une liaison sur le dos. De toute façon, je n’étais même pas sûre que Colin acceptât de passer les portes de la fac à mon bras.

Quand j’entrai dans le hall, je remarquai tout de suite l’atmosphère anormale qui flottait sur tout, semblable à une poussière lourde, tenace. De petits clans s’étaient formés, castes chuchotantes où chacun parlait en tapinois, et ce bourdonnement qui couvait devint rapidement assourdissant. Des bribes de conversations alarmantes me parvinrent. Alors que j’arrivais dans l’aile est de l’établissement, je fus bousculée par un groupe d’enseignants, qui ne prirent aucunement la peine de s’excuser. Leur affolement et leur désarroi étaient communicatifs ; bientôt, la panique me gagna.

Aude Courty, Mourir dans le corps du loup (Nous arrivâmes separément)
© Les Ardents éditeurs

L’œuvre et le territoire

La Faculté des Lettres et des Sciences humaines est le principal lieu de vie de l’héroïne Oranda, où elle poursuit ses études, alimente ses obsessions et tisse aussi de vénéneuses relations... Ce qui n’est pas sans rappeler que Limoges est une ville de recherches repoussant les frontières entre les disciplines, les mondes et les pans de la réalité.

Ce passage du roman agit comme un coup d’accélérateur dans l’intrigue : alors qu’Oranda trouve un allié, une nouvelle victime vient alourdir la liste des disparitions depuis le début de l’histoire. Se déroule dès lors la dernière ligne droite jusqu’au dénouement du roman.

(Aude Courty)

À propos de Mourir dans le corps du loup

Limoges, novembre 2011.

Comme tous les soirs, il referme la porte vitrée, qui claque d’un coup sec et résonne sur les pavés de la rue du Clocher. Il se retourne enfin et, après avoir jeté un coup d’œil alentour, sur les âmes passantes errant dans la rue commerçante, il allume une cigarette, en avale la fumée avant de l’expirer, volutes dessinant cette auréole trompeuse, dissimulant ses instincts bestiaux. Il avance à pas calculés, mesurés, longues foulées à la fois nonchalantes et prédatrices, course lente décourageant toute filature et à laquelle rien ne peut échapper. Je n’en perds pas une miette et mémorise chaque détail de son allure carnassière : il a un secret et je vais le trouver.

Quelques rues plus loin, le lycanthrope passe la porte d’un pub en quête du plat du jour : jeune fille prête à consommer.

Oranda Lhivièrre, jeune étudiante en littérature à Limoges, solitaire et perturbée, est entraînée malgré elle dans une troublante histoire sentimentale alors qu’une jeune femme est retrouvée assassinée sur les bords de Vienne...

À la croisée du récit fantastique et du thriller, ce roman noir est inspiré par la nuit et les mystères de ses heures sombres.

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