Still Life

2001-2009

Dizaines de milliers de balles de tennis, dimensions variables.
Serge Spitzer / Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

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Serge Spitzer, Still Life
Photo
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L’œuvre et le territoire

Le projet éphémère Still Life, composé sur l’île de Vassivière de dizaines de milliers de balles de tennis uniques sur une parcelle de plusieurs hectares, n’est pas une simple composition d’objets statiques comme peut ironiquement le suggérer son titre. Fasciné par les multiplicités des paysages typiques, Serge Spitzer a choisi que le cycle de création de cette très énigmatique installation s’achève dans le bois de sculptures de l’île de Vassivière sur les hauteurs du deleuzien plateau de Millevaches après avoir voyagé dans l’« American BACKYARD », l’arrière-cour américaine des jardins de l’Aldrich Contemporary Art Museum à Ridgefield en 2008, et aux « Swiss ALPS », les alpes suisses de Zuoz en 2009.

L’œuvre est une démonstration d’un imperceptible « modèle de réalité », qui se propage tel un virus et se présente comme une métaphore physique de la manière dont l’art interagit avec la réalité quotidienne. Comme dans de nombreuses « sculptures virales » que Serge Spitzer a conçues à partir des années quatre-vingt-dix, la structure éphémère mise en place dans la prairie de l’île est transformée au fil du temps par des forces incontrôlées et accidentelles : les balles seront balayées par les vents, orages et pluies, ou poussées et déplacées par des visiteurs ; les enfants seront tentés de jouer ou d’en prendre une de temps en temps, l’herbe va croître, lentement, recouvrant l’original.

Serge Spitzer s’est engagé dans la conception et le processus de fabrication de cette œuvre pour rendre le caractère unique de chaque balle, pourtant éphémère, sans accorder d’importance à préserver l’œuvre. Chaque balle utilisée a donc été imprimée de l’image d’un minuscule détail d’une parcelle de pelouse photographiée par l’artiste et dont l’agrandissement a permis d’arriver à ce vert pixélisé, mimétisme presque parfait des lieux où elles ont été jusqu’à présents implantées.

Bien que d’une exécution formelle très minimaliste, le projet de Serge Spitzer est entièrement construit autour de l’imperfection de la réalité avec résonances sociales et politiques. Son œuvre prend possession de l’environnement avec des objets qui impliquent à la fois les notions de loisir, de jeu et dans le même temps d’occupation militaire.

Dans la lignée de ces artistes qui ont utilisé les paysages comme vecteur de contemplation, Still Life devient un champ pour penser.

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