Paysages insoumis Mutinerie

3 mai 2009

26 juin - 18 septembre 1917
La Courtine, Creuse.

© Thierry Girard
Thierry Girard, Paysages insoumis (Mutinerie)
© Thierry Girard

L’œuvre et le territoire

Après la Révolution de février 1917 qui a entraîné la chute du Tsar, les troupes russes engagées sur le front français continuent de participer encore quelque temps aux combats. Mais rapidement, la propagande révolutionnaire commence à faire son œuvre au sein de ces troupes, et dès le mois de mai 1917, le commandement français estime qu’il peut il y avoir un risque de contagion vis-à-vis des troupes françaises. Les Russes sont retirés du front en juin 1917, et ce sont 16000 hommes qui arrivent avec leurs armes le 26 juin au camp de La Courtine. Une partie des troupes, restée loyaliste, quitte le camp pour s’établir un peu plus loin, mais ce sont 10000 hommes qui restent à La Courtine avec leurs armes et exigent de rentrer en Russie. Les Russes fraternisent avec la population locale, mais refusent de rendre leurs armes et entretiennent une atmosphère d’agitation pré-révolutionnaire. Le commandement français décide de réduire la mutinerie et ses meneurs. L’encerclement du camp débute le 12 septembre et les derniers mutins se rendent le 18, après que 150 des leurs eussent été tués.

Le café de la Paix, aujourd’hui fermé, est situé en face de l’entrée du camp militaire de La Courtine.

(Thierry Girard)

À propos de Paysages insoumis

En 2002-2003, alors qu’il travaille à un projet autour de Vassivière, Les Cinq Voies de Vassivière, Thierry Girard est frappé par le caractère rebelle et réfractaire de l’histoire et de la culture du Limousin.

Ainsi, entre 2007 et 2009, il va arpenter cette région et ses départements limitrophes pour photographier ces « lieux et paysages liés à l’esprit de rébellion : révoltes paysannes, émeutes ouvrières, résistance etc. ».

Évoquer la terre de la Résistance mais aussi toutes les résistances qui au cours des siècles ont nourri l’histoire de ces régions : les révoltes collectives ou individuelles, les jacqueries et conflits sociaux, mais aussi les chemins d’exil ou de migration de populations chassées par la nécessité.

Son travail s’est constitué autour de lieux (villes, villages, campagnes, forêts) où un événement remarquable ou plus modeste a laissé une empreinte. Le paysage semble le plus souvent indifférent, souvent silencieux par rapport à son histoire mais tout le talent était de faire sourdre à la surface de l’image cette charge du passé. Se documentant, recueillant quelquefois des témoignages des habitants, il présente en regard de chaque photographie, un court texte où est relaté l’événement historique qui s’y ait déroulé.

(éditions Loco)

Localisation

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