Médaillon aux armes de Turgot

Médaillon rond, porcelaine dure.
Collection : musée Adrien Dubouché.

Manufacture du Comte d’Artois, Médaillon aux armes de Turgot (face)
Photo
RMN-Grand Palais (Limoges, Cité de la céramique) / Jean-Gilles Berizzi

L’œuvre et le territoire

Ce médaillon, offert au musée en 1866 par M. Alluaud, représente les armes de l’intendant Anne Robert Jacques Turgot. De part et d’autre du blason, deux licornes s’affrontent et le contour de la pièce porte l’inscription : A.R.J. Turgot intendant de Limoges.
Le médaillon est daté MDCCLXXI (1771) et l’inscription Troy fecit indique qu’il fut probablement réalisé par Fournérat et ses associés selon un modèle de Jean Troy.

En 1770, Limoges dispose déjà de kaolin extrait à Saint-Yrieix. Mais il n’existe encore à Limoges qu’une manufacture de faïence, celle fondée par André Massié en 1736.

Conscient que le kaolin peut tirer le Limousin de sa pauvreté chronique, l’intendant Turgot se lance à la recherche de capitaux afin de faire de cette modeste faïencerie une véritable porcelainerie.
Deux nouveaux investisseurs prennent part à l’aventure en s’associant à Joseph Massié. L’entreprise prend alors le nom de Gabriel Grellet frères, Joseph Massié et Nicolas Fournérat. Les trois associés s’implantent route de Toulouse, Massié mettant à disposition les bâtiments et les outils de fabrication, Grellet les fonds financiers et Fournérat ses connaissances en chimie acquises à l’Académie des sciences.
Turgot s’occupe quant à lui de la recherche technique nécessaire au fonctionnement de la manufacture. Problème : le four à faïence de Joseph Massié chauffe à 900 °C alors que la cuisson de la porcelaine nécessite 1400 °C. Turgot s’adresse donc à Sèvres qui fait parvenir à Limoges le mémoire et les dessins d’un four rond à quatre chauffes.
Cela suffit à la manufacture limousine puisqu’elle sort de son four, en 1771, ce médaillon aux armes de Turgot, portant à son revers l’inscription Première porcelaine des terres du Limousin.

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