À propos

Mémorialiste, romancier et nouvelliste, Marcel Jouhandeau est né à Guéret le 26 juillet 1888, d’un père boucher, sanguin et dominateur, et d’une mère sensible et discrète.

Envisageant dans un premier temps d’entrer dans les ordres, Marcel Jouhandeau part finalement à Paris en 1908 et étudie au lycée Henri-IV, puis à la faculté des Lettres de l’Université de Paris, où il commence à écrire. Il devient professeur dans un collège privé de Passy à partir de 1913. Il passe la Première Guerre mondiale à Guéret dans le service auxiliaire.

En 1921, La Jeunesse de Théophile, premier livre de Marcel Jouhandeau, est publié aux éditions de la NRF. En 1924, Pincegrain, chronique qui dépeint des scènes de vie des habitants de Guéret, précédemment publiée dans La Nouvelle Revue en 1920, déclenche une vive réaction de la part des natifs de la ville qui se retrouvent, malgré les changements de noms, dans les récits satiriques de l’écrivain.

Guéret, que Jouhandeau rebaptise Chaminadour, est pour l’écrivain le lieu réel et sacré de ma présence morale. La ville, telle qu’elle apparaît dans ses romans, est concentrée dans le cœur même du vieux Guéret. Elle est grouillante d’une population de petits commerçants que le jeune Marcel observe avec une acuité d’autant plus grande qu’il vit lui-même parmi eux.

Chaminadour, c’est la vie spectrale et irradiée, il y a cent ans, d’une grise petite ville peuplée d’artisans, de fonctionnaires et de ruraux. Chaminadour est un « arbre de visages ». Un bouquet d’âmes pures, un roncier d’âmes damnées, un foisonnement de faits et gestes cocasses ou tragiques, éclatants, infâmes, arrachés au secret.
« J’ai besoin des passions, des mains jaunes, des cœurs rouges de Chaminadour », disait magnifiquement René Crevel. Nous en avons plus que jamais besoin, nous qui, en une époque morose, déprimée, désenchantée, demandons à la littérature non pas de nous divertir mais de nous délivrer des pesanteurs sociales, de nous rendre la mémoire des siècles, de nous donner la pleine mesure de l’homme sans le discours humaniste, affadi ou psychologisant, et de nous émerveiller dans le pire.

(Richard Millet, « Préface » in Chaminadour : Contes, nouvelles et récits, Gallimard, Collection Quarto, 2006)

Malgré son homosexualité, Marcel Jouhandeau se marie, à quarante ans, en 1929, avec une danseuse, Élisabeth Toulemont, dite « Elyse ». Leur union tumultueuse inspirera à l’auteur plusieurs écrits : Chroniques maritales, Scènes de la vie conjugale ainsi que Chronique d’une passion ou encore Éloge de la volupté sur ces expériences extra-conjugales avec des hommes.
Il meurt à Rueil-Malmaison le 7 avril 1979.

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