Marais de La Souterraine

Huile sur toile, 22,5 × 29,5 cm.
Collection : Fitzwilliam Museum, Cambridge.

Théodore Rousseau, Marais de La Souterraine
Photo : Fitzwilliam Museum
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L’œuvre et le territoire

Théodore Rousseau découvre la Creuse à l’âge de trente ans, sur les conseils de son ami Jules Dupré qui lui vante les charmes de la campagne berrichonne. Il s’installe au hameau du Fay et y reste de juin à décembre, dont les mois d’un automne très pluvieux.

Il visita les campagnes et les bois poétiques de Saint-Benoît-du-Sault, les marais de La Souterraine, les bords de la Creuse et les noires approches de Gargilesse. La température humide, le ciel presque toujours embrumé et prodigue de pluies, d’orages et de changements capricieux, avaient tourné ses idées au temps couvert et aux mélancolies... Lorsque le soleil faisait trêve aux orages et aux froidures, Rousseau se lançait aussitôt à la piste du rayon et se mettait à dessiner rapidement les plus jolis sites de ces contrées. Muni d’un petit crayon et d’un papier de teinte gris rosé, il traçait prestement, comme un leveur de plans pressé par l’ennemi, les accents pittoresques de Villebussière et de Boisrémond.Chassé par une ondée, il se cachait dans le moulin Brachot ou dans la tuilerie, ou bien se protégeait d’un tas de bourrées et finissait au crayon noir et blanc, et de souvenir, ces commencements d’ébauche.

Alfred Sensier

De ces sept mois passés au Fay, Théodore Rousseau rapporta une quarantaine de dessins et trois huiles majeures. Le Marais de la Souterraine en est l’un d’elles.

Le Marais de la Souterraine est une huile sur papier, qui a été exposée à Londres, à San Francisco et au Japon. Cette œuvre, réalisée sur le motif, est toute entière vouée à la lumière dont l’éclat et les vibrations égalent ceux des tableaux impressionnistes. Elle est, pour nous aujourd’hui, intéressante parce qu’elle montre que l’on pouvait rendre l’aspect fugitif du ciel et aussi de l’eau par d’autres moyens que la division des touches. Elle est intéressante aussi parce que Jules Dupré [sic, en réalité Victor Dupré] en a peint une réplique, tout aussi brillante, qui confirme leur grande complicité de travail et certainement aussi la reconnaissance d’une découverte.

Jean Chatelut

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