Les Moissons délaissées tome 1 : Les Moissons délaissées Malgré l’angoisse...

Jean-Guy Soumy, Les Moissons délaissées, Robert Laffont, 1993, p. 145.

© Robert Laffont

Malgré l’angoisse d’affronter les reproches d’Alexandre, François ne se rassasiait pas de revoir les Couteilles en pareille beauté. Le petit matin enroulait le village d’une écharpe de brume dont une extrémité léchait les contreforts de la ferme de Gerbeau, coulait le long de la façade des Mourait, se glissait entre la grange des Tissier et celle des Vallade pour s’évanouir sur le petit pont des Vergnes. Le soleil allumait les murs de pierre. Les chaumes grisés par la rosée arrondissaient leurs échines souples. L’odeur de paille trempée et, plus aigre, le relent des étables dérivaient sans être désagréable. La Favillade projetait un angle d’ombre morte au loin sur la maison de Chopineau, la seule dont la cheminée ne fumait pas.

Jean-Guy Soumy, Les Moissons délaissées (Malgré l’angoisse...)
© Robert Laffont

À propos de Les Moissons délaissées

Cet exil [ce départ pour Paris en tant qu’apprentis maçon], déjà cruel en son principe, est fort dur à vivre – on ne trouve pas toujours à louer ses bras, le travail sur les échafaudages est dangereux, la compétition sévère. Et les voyages ne sont pas sûrs... Il lui faudra pourtant repartir l’année suivante, abandonnant les siens au village, et Marie, la jeune fille dont il est épris. Mais, peu à peu, il se fortifiera l’âme au contact des républicains qui s’opposent à l’empereur, et on le verra, alors, s’engager dans une campagne électorale à hauts risques...
C’est donc l’histoire d’un homme et d’une famille que nous retrace ce roman chaleureux, chargé d’événements et de péripéties, qui restitue avec une fidélité exemplaire le monde rural du Second Empire et le Paris de Haussmann et de Garnier.

(Robert Laffont)

Localisation

Également dans Les Moissons délaissées

Dans la même série Les Moissons délaissées