Ma vie parmi les ombres

Richard Millet, Ma vie parmi les ombres, Gallimard, 2003.

3 œuvres

L’œuvre et le territoire

Ode à la langue, aux morts, à une civilisation rurale que l’auteur a vu disparaître, Ma vie parmi les ombres est probablement le roman le plus important dans l’œuvre de Richard Millet, tant par son volume que par la précision et l’ampleur de sa langue. Roman le plus émouvant aussi puisqu’il est le roman de l’enfance retrouvée parmi les ombres de Siom et de Villevaleix.

Ma vie parmi les ombres rassemble les figures et les ombres d’une vie, d’un clan, d’une terre, de quelques villages coincés entre les combes et les bois du plateau de Millevaches. L’ombre, le vent, le froid ; la terre, le granit, les eaux étroites, la solitude et la résignation, tout un microcosme rural avec ses traditions et ses secrets, ses superstitions et ses passions violentes. Des vies silencieuses, invisibles, souvent tragiques, des vies d’où la notion de plaisir et plus encore celle de sensiblerie n’ont pas cours.

(Richard Blin)