Louis Jarraud

Louis Jarraud au violon
par Françoise Étay
https://www.youtube.com/watch?v=K5xU4bdH2Jw
Enregistrement : Françoise Étay, 31 juillet 2000.
© Françoise Étay et al.

À propos

À la fois chabretaire et violoneux, Louis Jarraud exerce comme agriculteur sur la commune de La Croisille-sur-Briance, au pied du mont Gargan. Musicien autodidacte, il a de fait développé une technique de jeu fort singulière.

Louis Jarraud, le seul musicien qui, nous l’avons déjà vu, ait fait son apprentissage seul, sans violoneux plus âgé pour le guider à ses débuts, avait accordé son premier violon diatoniquement : « Do Ré Mi Fa », dit-il. Il jouait alors les autres notes dont il avait besoin sur la corde la plus aiguë.

Françoise Étay, Le violon traditionnel en Limousin, mémoire de maîtrise d’éducation musicale, 1983.

Sa pratique autonome se traduit aussi dans une lutherie originale.

[...] c’est d’après une carte postale représentant une vieille femme tenant un violon posé droit sur ses genoux qu’il avait réalisé son premier instrument, en cerisier, alors qu’il avait une dizaine d’années. Il affirme qu’ils avaient tout fait, même la volute. Plus tard, il échangea ce violon contre deux roues de bicyclette. Il devait récidiver une vingtaine d’années après alors qu’il était prisonnier en Allemagne : une canne dans laquelle il fixa quatre chevilles servit de manche et un bidon de caisse de résonance pour ce nouveau violon. Il tailla un morceau de bois en forme de chevalet et fixa les quatre cordes au haut du bidon par un clou. L’archet était fait d’une baguette d’ardoise sur laquelle étaient fixés des fils.

Françoise Étay, Le violon traditionnel en Limousin, mémoire de maîtrise d’éducation musicale, 1983.

Le soir venu, Louis, dans la pièce qu’il réserve à ses instruments, ce passionné réparait tout ce qui produisait des sons (vielle, accordéon, clarinettes… et aussi les pendules !), rangeait soigneusement côte à côte des pieds de chabrette, comme des petits soldats pour la revue de détail.

Escòla dau Mont Gargan, « Le père Jarraud », 2006.

Il eut à cœur de transmettre sa connaissance du jeu de chabrette mais aussi ses conseils en matière de facture.

Il possède de nombreux hautbois, de longueur et de timbres divers, et son plaisir est de tout faire entendre, de colorer l’espace musical pour passer un bon moment en compagnie. C’est un savoir-vivre délicat comme l’ombre d’un jardin : la musique y pousse et toute la jeunesse est venue là, chercher auprès de Louis Jarraud, l’intimité et l’amour du détail, afin de ressourcer ses propres audaces.

Éric Montbel, « Camillou » Gavinet et Louis Jarraud, CRMTL, 1999.

Louis Jarraud fut membre de l’ensemble de l’Escòla dau Mont Gargan. Décédé en 2006, il compte parmi les tout derniers représentants de la génération de musiciens collectés lors du renouveau folk des années 1970 à 1990.

Œuvres liées