L’Éternité plus un jour Lorsque nous restions en ville...

Georges Emmanuel Clancier, L’Éternité plus un jour, La Table Ronde, 2005, p. 103.

© Robert Laffont

Lorsque nous restions en ville, nous nous retrouvions dans les églises. La vieille abbatiale de Saint-Georges-des-Lions nous plaisait entre toutes.
Son porche donnait sur une place toujours déserte, et deux portes ouvraient sur des rues différentes. Cela nous permettait d’arriver chacun de son côté sans risquer d’être surpris.
Nous restions longtemps sous la voûte aux piliers un peu inclinés ; les vitraux tachaient l’ombre de flaques rouges, vertes, oranges et bleues. Nous nous tenions assis l’un près de l’autre sur les chaises basses derrière un fût de colonnes, la main dans la main. Quand nous étions sûrs d’être seuls danS l’église, nous nous embrassions.

Georges-Emmanuel Clancier, L’Éternité plus un jour (Lorsque nous restions en ville...)
© Robert Laffont

L’œuvre et le territoire

Dans cet extrait, situé au début du roman, le narrateur expose les avantages des entrées multiples de l’église Saint-Michel-des-Lions de Limoges.

À propos de L’Éternité plus un jour

L’Éternité plus un jour, telle est, dans la comédie de Shakespeare Comme il vous plaira, la réponse d’Orlando à Rosalinde qu’il aime et qui lui demande combien de temps il voudra d’elle. Ainsi, Henri Verrier pensera qu’il lui faudrait « l’éternité plus un jour » pour vivre pleinement son amour avec Elisabeth, jeune actrice, et pour délivrer, avec ses amis, le monde de la part de ténèbres qu’il présentait à leurs yeux de vingt ans. Mais, au terme du récit qui évoque les rêves, les espoirs, les combats, les tourments de toute une génération, des années 1930-1939 à 1968, le héros avouera : « Ma vie, l’amour, notre vie n’aura été qu’un seul jour sans l’éternité, sans cette éternité de tendresse ; de juste joie qui nous était promise et nous a été volée. »

(Gallimard)

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