L’Art de voler Limoges

Antonio Altarriba, Kim, L’Art de voler, Denoël Graphic, 2011, pages 94 à 96 [traduit de l’espagnol par Alexandra Carrasco].

© Éditions Denoël
Antonio Altarriba & Kim, L’Art de voler, p. 94

L’œuvre et le territoire

Après leur fuite de leur compagnie de prisonniers voués aux travaux agricoles à Gujan-Mestras dans les Landes et un arrêt par Bordeaux, Antonio et Martínez arrivent à Marseille où ils se font arrêter. Transféré au camp d’Agde, Antonio est rapidement envoyé à côté de Guéret, chez les Boyer, pour aider aux travaux de la ferme.
Très vite, l’occupant allemand décide l’arrestation des réfugiés espagnols ; les Boyer éloignent alors Antonio mais celui-ci n’échappera pas aux gendarmes.
Après une nuit passée à la prison de Guéret, Antonio est transféré à Limoges, dans un camp de prisonniers. Un bombardement américain lui permettra alors de s’en échapper et de retrouver le chemin de Guéret et les Boyer, avant de s’engager dans la Résistance.

À propos de L’Art de voler

Le 4 mai 2001, un vieil homme de quatre-vingt-dix ans se suicide en se jetant du 4e étage de sa maison de retraite.
Son fils, Antonio Altarriba (Jr), décide alors, accompagné de Kim au dessin, de raconter la vie de son père, Antonio Altarriba (Sr), en se glissant dans sa peau, dans une narration à la première personne.

Je le répète, c’est parce que j’étais en lui, ou peut-être avec lui, que je connais sa vie... et depuis qu’il est mort, il est en moi. Ainsi, je conterai la vie de mon père à travers ses yeux, mais de mon point de vue.

Antonio Altarriba, né en 1910, a connu une enfance difficile à la campagne avant de fuir, peu avant ses 21 ans, vers Saragosse où la vie ne sera pas plus aisée, et où le climat politique est bouillonnant.
Saragosse, lors du coup d’état de Franco, passe aux mains des putschistes et Antonio Altarriba se voit contraint de s’engager dans les rangs nationalistes ; dès ses premiers jours sur le front, il passe du côté des républicains et va connaître la débâcle, la fuite en France, les conditions d’accueil déplorables avant d’être de nouveau confronté à la guerre au cours de laquelle il s’engage auprès de la Résistance. À la Libération, il s’installe quelques temps à Marseille avant de retourner en Espagne, toujours sous le joug franquiste.

Si L’Art de voler nous donne un aperçu de l’histoire espagnole du XXe siècle à travers le parcours d’un homme, il s’agit bien plus que d’une simple biographie ; c’est surtout un récit de la désillusion, du renoncement, des espoirs déçus...

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